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Formation pour critique en spectacle

21 mai 2010

Dernièrement, un collègue de la blogosphère tentait de jouer les critiques en théâtre.Visiblement, il serait temps qu’il apprenne à regarder le spectacle pour le critiquer. Il me rappelait ces gens de la go-gauche d’une certaine émission télé qui se permettaient de critiquer un livre sans l’avoir lu ou d’autres de la radio d’état qu’il avait pourtant lui-même dénoncé! Bref, voici donc une petite formation en spectacle.

La biographie :

Il y a presque un an, Sylvie Roy, alors chef par intérim de l’ADQ, avait invité tous les partis d’opposition à se joindre à l’ADQ afin de dénoncer le PLQ. Depuis ce temps les faits lui ont donné raison : il est clair qu’il y a beaucoup faits troublant dans la gestion du Québec par le Parti Libéral. L’absence de direction, l’entêtement à ne pas faire de commission d’enquête sur la construction en sont des exemples. Des apparences tellement troublantes que, même hier, Jean Charest a décidé de renoncer à 75,000$ de salaire qui lui était versé par son parti. Il y a un véritable inconfort.

La fiction :

Voyant là une belle façon de se donner le beau rôle, Pauline Marois a décidé d’orienter les actions de son parti vers la dénonciation des cas douteux. L’acharnement dans le dossier Tomassi a bien démontré que le travail d’un parti d’opposition était utile, et pouvait faire la lumière sur des faits. À ce titre, le travail de François Bonnardel cette semaine montre bien que l’ADQ peut aussi accomplir un excellent travail pour dénoncer les cas de gestion douteuse.

Dans le cas de Mme Marois, sa victoire dans le cas Tomassi lui a donné des ailes. Pendant tout un week-end elle a proposé à son parti de faire un virage plus à droite, et s’est engagée à la première occasion à renverser le PLQ afin de diriger le Québec. Mais son parti a refusé le virage, bien qu’ils aient tous soif de pouvoir dans la cour de la « reine » Pauline, ils refusent tous d’offrir de nouvelles alternatives pour la gestion.

Rien n’y fait pour Pauline : on continue, le parti suivra, on pourra défaire le gouvernement et surtout, les spécialistes en image entourant Pauline continuent de jouer cette carte en la montrant comme une chef forte capable de défier Jean Charest

Le drame fantastique :

Pour que ce soit crédible, il fallait y aller d’un coup d’éclat. Des élections peuvent se tenir et Marc Picard déclare : « Je n’ai aucun problème à aller en élection demain matin » .Amir Khadir ajoute : « S’il y a une opportunité à saisir, à un moment où à un autre, sur le plan législatif, sur le plan procédure pour bloquer carrément ou faire tomber le gouvernement, Québec solidaire serait ravi. On n’a aucune peur d’aller devant l’électorat ».

Avec de pareilles déclarations, quoi de mieux que de faire un beau film avec séance photo montrant Pauline forte rassemblant autour d’elle M. Khadir, M. Caire, M. Picard.

Le problème c’est que ce n’est pas crédible. Mme Marois est elle-même se retrouve à la tête d’un parti qui ne lave pas très blanc, pour lequel il y a aussi des apparences douteuses de son époque au pouvoir. 

Le roman d’amour :

Afin de bien démontrer le pouvoir de Pauline, il faut une bonne mise en scène et la placer au côté de marionnettes qui la montreront forte. Quoi de mieux que de montrer que les candidats indépendants pourraient donner raison à des partis souverainistes.

Bien que ça relève de la fiction, c’était vraiment « cute » à voir, et ça pouvait presque nous tirer une larme de voir. M. Caire en recueillement aussi spirituel. Ça en dit long sur le confort qu’il ressent d’être présent aux côtés d’une chef qui représente exactement le contraire des valeurs politiques que lui-même à toujours défendu.

Le drame historique :

Dans les prochains jours la motion sera déposée et, comme de raison, elle n’aboutira pas à de nouvelles élections, heureusement! Mais elle montrera encore Pauline Marois à la tête d’une coalition rassemblant des fidèles serviteurs, et les gens retiendront qu’elle est peut-être la femme qui pourrait rassembler les gens, à preuve certains ont trahi leurs valeurs pour se montrer à ses côtés.

Heureusement, messieurs Caire et Picard vous avez encore des collègues à l’Assemblée nationale qui ont encore une colonne et qui ne cherchent pas de l’image, mais qui défendent des convictions. Non pas la conviction de renverser un gouvernement, mais bien de faire fonctionner les gouvernements démocratiquement élus, en demandant que la lumière soit faite sur la gestion, mais pas au prix de renoncer à des valeurs qui font qu’ils sont aujourd’hui député.

À bien noter dans votre cours

Il n’était pas nécessaire de se racoler à des vampires de pouvoir pour défendre des convictions. Tout les partis d’oppositions, l’ADQ en tête, ont toujours souhaité et continuent d’exiger une commission d’enquête. Comme l’élève Morin le dit lui-même, le gouvernement n’avait pas besoin de ce point de presse pour être ébranlé.Mais Pauline Marois pourra clairement en tirer profit en s’étant présentée comme une grande femme d’état capable de convertir bien des gens. À preuve, même d’anciens adéquistes sont prêts à se prosterner et se recueillir à ses côtés!

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