GÉRER LA DETTE

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Demain soir, le 5 mars, lors de l’assemblée du conseil de la ville de Sorel-Tracy, devrait être déposée la nouvelle politique de la gestion de la dette. On se souviendra, il y a quelques mois, que le conseiller Gilles Jr. Lemieux avait voté contre le règlement d’emprunt #2157 concernant entre autres des travaux de voirie et de développement de notre réseau d’eau potable.
REGLEMENT 2157 p.1   REGLEMENT 2157 p.2
REGLEMENT 2157 p.3   REGLEMENT 2157 p.4

Il prétendait alors que le fait que 60,000 $ pour la piste cyclable sur un projet total de plus de 1,2 million nécessitait une rencontre sur la gestion de notre dette.

Je vais lui donner un peu raison, on doit planifier dans le respect de la capacité de payer, on doit gérer les finances publiques dans l’intérêt de l’ensemble des citoyens actuels et surtout ceux de demain quand nous parlons de la dette. Mais il faut aussi avoir la même réflexion quand nous parlons des services et infrastructures que nous léguerons à nos enfants.

Une politique de gestion de la dette est un outil de travail comme le plan de gestion de nos matières résiduelles en est un, comme la politique découlant de l’Agenda 21 en est un. Si les élus ne le respectent pas, ça devient alors des vœux pieux si les élus ne le comprennent pas et ne le lisent pas, on perd notre temps à pelleter des nuages.

C’était le sujet de discussion de la chronique actualité le 3 mars dernier

Rappelons-nous que nos élus ont déjà voté une proposition allant à l’encontre de la réglementation publique et même allant contre les recommandations des comités en place pour justement orienter les décisions dans le respect des règlementations.

Je n’entrerai pas dans les détails aujourd’hui, mais lorsque des élus prennent une décision allant à l’encontre des recommandations faites en prenant des décisions politiques et non économiques, ils devraient être imputables de cette décision si elle a des répercussions négatives sur l’ensemble des citoyens. C’est là le défi que nos élus auront lors de l’adoption de cette nouvelle politique.

Le gouvernement provincial sous la gouverne de Lucien Bouchard avait l’obsession de l’atteinte du déficit zéro, on ne pouvait plus en ajouter sur la carte de crédit, on devait arrêter d’hypothéquer l’avenir de notre nation.

Pourtant depuis ce temps la dette du Québec n’a cessé de croître, afin de minimiser cette réalité on a sorti la machine de communication et on a commencé à parler de bonne et de mauvaise dette, au total, selon Louis Gill – Économiste et professeur retraité de l’Université du Québec à Montréal, la dette totale du Québec s’établissait au 31 mars 2009 à 248 milliards. 

Là selon certain on doit séparer la bonne et la mauvaise dette, de ce montant, il y a la dette provenant du développement de nos infrastructures, Hydro-Québec à une dette, mais certains bien pensants vont dire qu’elle ne doit pas compter, car elle s’appuie sur une valeur beaucoup plus grande.

Ça revient à dire que mon hypothèque de maison ne compte pas dans mon profil financier, car elle est protégée par la valeur marchande de ma maison, donc si je ne paye pas ma dette, mais je couvre uniquement mes intérêts je suis dans une bonne situation parce que ma maison prendra de la valeur avec les années.

Mais au contraire, si je néglige d’entretenir ma maison, elle ne prendra pas de valeur, si au moment de l’hypothéquer j’ai une thermos pompe avec une piscine et des beaux planchers de bois franc c’est bien, mais si quand je la revends 15 ans plus tard, j’ai enlevé ma piscine que je n’utilisais pas, j’ai changé ma thermos pompe pour un poêle à bois moins dispendieux quand ma thermos pompe a lâché et que j’ai pas fait revernir les planchers maintenant usés. Je suis en mauvaise posture. Si en plus le gouvernement m’impose une surtaxe parce que je pollue plus avec mon poêle à bois, et que je dois payer aussi une taxe supplémentaire pour l’abatage des arbres que je brulerai pour me chauffer, ça n’a plus de fin

Pire, si j’applique cette réflexion aux réseaux routiers du Québec, j’ai de beaux actifs avec des belles routes, mais en plus de ne pas les payer au complet puisque répartis sur plusieurs années, elles se sont détériorées trop vite, je deviens doublement déficitaire en plus de perdre un actif que je dois rebâtir, je dois continuer de payer le fardeau laissé par mes prédécesseurs.

La gestion de la dette, c’est un vœu pieux, car en nous attardant uniquement à la dette, nous ne réglons rien dans nos façons de faire. De voir la question des finances publiques sur la simple façon de gérer la dette nous fait oublier que le véritable problème c’est comment on gère notre économie. La dette n’est qu’une portion de l’ensemble des finances publiques.

En règlementant encore plus l’accession à l’emprunt comme outils de développement, on hypothèque encore plus le développement de la prochaine génération. Car en plus de leur enlever un outil, on laisse le fardeau de la mauvaise utilisation du passé à assumer aussi.

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